Samedi 4 février - Ste Véronique
Nos histoires 

Tout le mois d'octobre du samedi au jeudi

Samedi et dimanche à 18:35. Du lundi au jeudi à 19:30
Documentaire série (29') (2009). Production : Point du jour
Directeur de collection : Joseph Confavreux

Paulette Nardal (3/10)
Diffusion : le mercredi 7 octobre à 19h35
Autres diffusions le 10/10 à 18h35, le 26/10 à 19h30, le 16/12 à 19h45, le 19/12 à 18h40 et le 4/01/2010 à 19h30

 Paulette Nardal
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Pionnière de la cause noire
Paulette Nardal naît en 1896 au François, en Martinique. C'est l'aînée de 7 sœurs. Son père, Paul Nardal, est le premier Martiniquais à avoir bénéficié d'une bourse d'études et il est devenu le premier ingénieur noir de l'île. Il est également mélomane, pianiste et amateur de théâtre. Cette famille fait partie depuis une génération de la petite bourgeoisie noire de l'île mais c'est aussi une famille anticonformiste, moins de cinquante ans après l'abolition de l'esclavage. En 1902, alors qu'elle a 6 ans, l'éruption de la Montagne Pelée bouleverse l'île. La capitale économique qu'était Saint-Pierre est entièrement détruite avec ses 26 000 habitants, toute la Martinique est sous le choc. Paulette perd une partie de sa famille dans l'éruption. La jeune femme devient institutrice après avoir reçu son diplôme d'études secondaires. Très peu de temps après elle décide de rejoindre Paris, elle a 24 ans. Elle s'inscrit en études d'anglais à la Sorbonne, première noire de cette université. Son bouillonnement la projette vite au cœur de la vie artistique parisienne. Elle enchaîne les sorties culturelles et de divertissement et fréquente régulièrement le «bal nègre», un des rares lieux où les noirs se retrouvent dans la France des années 1920. Après avoir réussi l'agrégation d'anglais, elle se consacre au journalisme et se rapproche ainsi des écrivains afro-américains de passage, ou vivant à Paris, qui initient alors un mouvement de renouveau de la culture afro-américaine: « La Renaissance de Harlem ». C'est dans ce contexte qu'elle anime des salons bilingues avec deux de ses sœurs dans leur appartement à Clamart. Il s'agit alors d'un  des hauts lieux de l'intelligentsia noire du moment. Des personnalités comme Léopold Sedar Senghor, Aimé Césaire, le sénateur haïtien Jean Price-Mars ou encore l'écrivain René Maran s'y côtoient. Un périodique en français et en anglais est aussi fondé, la Revue du Monde Noir, destiné à offrir une tribune aux noirs du monde entier. Y participent notamment Senghor, des écrivains américains (Claude McKay, Langston Hughes...) mais la revue se veut aussi un lieu d'échanges avec les intellectuels blancs. Des poètes suédois ou l'ethnologue allemand Leo Frobenius apportent leurs contributions. La devise de la revue est « Pour la paix, le travail et la justice, par la liberté, l'égalité et la fraternité ». Faute d'argent, la Revue cesse de paraître en 1932. Durant cette période, elle devient aussi secrétaire du parlementaire martiniquais socialiste Joseph Lagrosillière puis de Galandou Diouf, élu député du Sénégal en 1934. Elle poursuit son engagement politique notamment contre l'invasion de l'Éthiopie par l'Italie fasciste. Puis vient la guerre et alors qu'elle rentre d'un séjour en Martinique à bord d'un bateau qui navigue sous pavillon de la Croix Rouge, le bâtiment est torpillé par un sous-marin allemand au large de l'Angleterre. C'est la cohue pour rejoindre les canots et les bagnards de retour en  métropole ne sont pas des plus tendres. Elle sauve sa vie en se jetant dans un canot de sauvetage. Dans sa chute, elle se fracture les deux rotules. Sa blessure est soignée en Angleterre. Dès sa sortie de l'hôpital, Paulette Nardal, qui restera handicapée à vie, retourne dans son île natale. Elle part à la toute fin de la guerre travailler aux Nations Unies, à New York, mais son handicap la contraint à revenir s'installer, définitivement cette fois, à la Martinique. Après la guerre, elle crée le « rassemblement féminin » pour inciter les femmes à prendre part aux votes puis elle crée une nouvelle revue  « La femme dans la cité. » Cette femme qui pratique le chant depuis longtemps, fonde une chorale afin de retrouver la tradition de la musique rurale martiniquaise comme le Bèlè ou le Ladji. Le 16 février 1985, à l'âge de 89 ans, Paulette Nardal s'éteint un peu avant ses 90 ans, célibataire et sans enfants.

Sur ce thème :
La revue mythique d'après-guerre "Présence Africaine" fait l'objet d'une exposition au Musée du quai Branly. Un dossier à découvrir sur le site de TV5monde :
http://tv5monde.com/presenceafricaine

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