Footballeur Au Nord, c'était les Corons. C'était aussi ses mines, son paternalisme industriel, ses quelques distractions parmi lesquels le foot. Maryan Jędrzejczak, dit « Marresh », né le 25 décembre 1923, en sait quelque chose. Il est le fils d'un immigré polonais venu s'installer en France après la Première Guerre mondiale, pour palier au manque de main d'œuvre au fond des mines. Très vite, Marresch emboîte le pas de son père et de ses deux frères, et descend au fond de la mine. Là, il connaît l'enfer, allongé par terre dans des trous de souris, à gratter le charbon, et à mordre littéralement la poussière. Marresch ne se fait pas à cette vie. Il n'a qu'une seule obsession : sortir de la mine. Tous les soirs, après ses dix heures de travail, il part jouer au foot, en cachette de son père. Très vite repéré par les recruteurs, il entre au RC Lens. Il devient professionnel à 23 ans et pour la première fois depuis 10 ans, il n'est pas obligé de descendre au fond de la mine. Ce défenseur robuste, vaillant , dur au mal, a toutes les qualités requises pour plaire au club. Il en deviendra très vite le capitaine, pendant près de 10 ans. Si le RC Lens lui permet de ne plus travailler, il ne roule pas sur l'or pour autant. Après une belle carrière de footballeur, sa notoriété lui permet de rejoindre un grand groupe industriel où il sera agent de maîtrise et...entraîneur du club de foot de l'usine. Christian, son fils unique est ému de nous parler de son père qui vient de disparaître. Bien sûr il a beaucoup d'admiration pour sa "success story". Mais il a également pas mal souffert de l'intransigeance de cet homme qui s'est fait seul, à la force du mollet, et qui ne comprenait pas forcément qu'il n'en soit pas ainsi pour ses proches. Christian a joué à un bon niveau au foot, mais deux divisions en-dessous de son père. Il continue de suivre les résultats du RC Lens, même s'il n'a pas pu être un de ses joueurs. Aujourd'hui il accompagne son fils Julien qui joue lui aussi en amateur. Ils ont cette passion commune pour le ballon rond. Mais il n'est pas question pour eux de survie... |