Chrétienne d'Ivry Le nom de Maunoury est connu des amateurs d'histoire comme celui d'un Maréchal de France. Mais le parcours de Monique, la petite-fille de ce dernier, est sans doute aussi captivant que les batailles menées par son aïeul, qui fut pourtant un des artisans du recours aux taxis parisiens pour mener la bataille de la Marne durant la Grande Guerre. Née le 12 octobre 1915 à Orléans (Loiret), cette petite-fille d'un Maréchal de France a en effet tourné le dos à son milieu d'origine pour se faire «zonière». C'est en emmenant ses louveteaux jouer sur les terrains laissés vides par la destruction des «fortifs» autour de Paris qu'elle a découvert les impasses d'Ivry et la détresse des enfants qui vivaient là. Dans ces baraques que l'on n'appelle pas encore bidonvilles (le mot sera importé du Maghreb dans les années 1950) vit tout un monde de ferrailleurs, de chiffonniers, de gitans, mais aussi de nombreux enfants laissés à eux-mêmes. En 1943, après avoir hésité à partir en Russie, elle choisit une autre terre d'élection et de mission : Ivry sur Seine. Elle achète une petite baraque de fortune, qu'elle intitule « Paix et Joie », où elle accueille les enfants des familles qui ne peuvent subvenir à leurs besoins. Les relations avec la municipalité communiste ne sont pas toujours de tout repos, de même que ses relations avec l'épiscopat parfois inquiet des agissements de cette franc-tireuse de la foi. Néanmoins, elle reçoit à la fois le soutien du Cardinal Suhard, évêque de Paris, et de Venise Gosnat, l'adjoint au maire d'Ivry en charge de la politique sociale. Après son déménagement de la rue Barbès vers la rue Marcel Lamant, en 1954 sous la poussée des HLM, elle doit s'engager en usine pour nourrir les quelque quinze enfants dont elle a la charge. Elle travaille d'abord comme balayeuse aux usines Panhard de la porte d'Ivry, puis à la chaîne dans l'usine de caoutchouc Bognier Burnel d'Ivry. |